15 juillet 2005
L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments
L’installation de L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) – ou The European Food Safety Authority (EFSA) – à Parme au mois de juin a permis de donner un coup de projecteur à cet organisme jusqu’à présent peu connu du grand public. A cet égard, on oubliera vite les propos du 1er ministre italien sur le choix de Parme Parme au détriment de la Finlande.
Les producteurs et fabricants de l’industrie agroalimentaire ne peuvent ignorer les avis de l’EFSA qui peuvent influencer directement le comportement des consommateurs pour autant que ces avis soient relayés dans les medias grand public.
On notera donc 2 avis ou communiqués récents. Un communiqué porte sur l’aspartame suite à une étude de la Fondation européenne d'oncologie et de sciences environnementales à Bologne. Si l’EFSA ne dispose pas actuellement d'une base suffisante pour recommander des modifications dans les habitudes alimentaires des consommateurs en ce qui concerne l'aspartame, il n’en reste pas moins qu’un avis (positif ou négatif) affecterait grandement le marché des édulcorants.
Bonne nouvelle pour le poisson d’élevage. L’EFSA indique qu’il n’existe aucune différence significative entre le poisson sauvage et le poisson d’élevage en ce qui concerne la sécurité et la valeur nutritionnelle. Les poissonniers pourraient en faire état pour améliorer l’affichage sur les étals.
Pour en savoir plus, visitez le site de l’EFSA.
22 juin 2005
Codes couleurs et qualité nutritionnelle en Grande-Bretagne
| La “Food Standards Agency (FSA)”, l’équivalent en Grande-Bretagne du PNNS français, a annoncé un projet de recherche pour savoir ce que les consommateurs souhaiteraient avoir comme informations nutritionnelles sur les packagings. Cette démarche a pour objectif de proposer une signalisation standard pour tous les fabricants et les distributeurs afin d’éviter toute confusion chez le consommateur, un objectif extrêmement louable. La démarche de la FSA est intéressante aussi en ce sens qu’elle a défini 4 projets de signalisation, projets qu’elle va tester auprès de 2600 individus. Ces projets reposent sur les GDA (Guideline Daily Allowance) correspondant à nos Apports Journaliers recommandés. |
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- indication des matières grasses, des matières grasses saturées, du sel et du sucre par portion accompagnée des recommandations journalières. Chaque paramètre est souligné par un système de code couleur selon la présence plus ou moins importante des nutriments. | |
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| - Indication des quantités par portion accompagnées des recommandations journalières (pas de code couleur). | ||
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- Indication, par un code couleur, d’un niveau de matières grasses, matières grasses saturées, de sel et de sucre | |
| - Indication, par un code couleur, de la qualité nutritionnelle globale de l’aliment. | ||
Les résultats de l’étude devront pouvoir être appliqués dès 2006. Pour en savoir plus, visitez le site de la FSA. |
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13 juin 2005
Manger devient un acte dangereux pour la santé
La préparation du décret d’application de l’article 29 de la Loi de Santé Publique génère des propositions surprenantes. Il est envisagé de contraindre les annonceurs à diffuser leurs spots TV accompagné d’un bandeau correspondant à 10% de la hauteur de l’écran. Des mesures encore plus restrictives sont examinées pour l’affichage ou la presse avec un bandeau équivalent à 20% de la surface de l’annonce. Un message en fin de spot accompagnerait les annonces radio.
Bon, d’accord, les annonceurs peuvent choisir de payer la taxe de 1,5% pour financer des programmes d’éducation. Néanmoins, on aurait pu supposer que l’objectif n’était pas de taxer la publicité mais bien de faire en sorte que les enfants ne soient pas confrontés à des messages publicitaires assurant la promotion de produits trop sucrés, trop salés ou trop gras (pour schématiser à outrance).
Cependant, au-delà de ces considérations, on peut se poser la question des effets pervers d’une telle disposition. En effet, ces avertissements ne sont pas sans rappeler les avertissements présents sur les paquets de tabac ou les restrictions quant à la communication des produits alcoolisés. On risque peut-être, au nom d’une volonté tout à fait louable (lutter contre les effets néfastes d’une mauvaise alimentation), de diaboliser l’alimentation en général. On se souviendra de la couverture de Courrier International qui, en décembre 2003, titrait « Manger tue » sous la forme du fameux cartouche noir et blanc des paquets de cigarettes.
Le marché de l’alimentation ne va pas très bien, la déstructuration des repas s’accélère, les difficultés économiques d’une partie importante de la population conduisent de nombreux ménages à acheter un prix avant toute évaluation de qualité nutritionnelle, les marques voient leur rôle diminuer face aux marques de premier prix, l’alimentation n’est plus vraiment au cœur des préoccupations de l’ensemble de la population, bref la situation n’est pas franchement encourageante. Est-ce bien le moment de jeter l’anathème sur l’alimentation et assimiler le fait de se nourrir à fumer, se droguer ou s’alcooliser à haute dose ?
Bien sûr, une fois de plus, il est entendu que les motivations de Santé Publique présidant à ces restrictions publicitaires sont tout à fait honorables face aux véritables problèmes que posent l’augmentation de l’obésité chez les enfants ou le nombre de personnes souffrant de maladies cardio-vasculaires ; il n’en reste pas moins que les messages de santé publique sont complexes et peu facilement compréhensibles par le grand public. La prévalence de l’obésité dans une partie de la population ne peut s’expliquer uniquement par une trop forte consommation de telle ou telle catégorie d’aliments.
D’un autre côté, il apparaît urgent que les industriels évitent des messages ambigus ou trompeurs pour montrer aux consommateurs et au législateur que les entreprises alimentaires peuvent être des partenaires responsables faute de quoi je ne pourrai plus mordre dans ma barre chocolaté en avalant mon café sans avoir l’impression d’avaler une bouffée de nicotine à chaque gorgée.
18 mai 2005
La guerre des kilos
Le programme « La guerre des kilos » diffusé le 17 mai sur Arte souligne une fois de plus la complexité du phénomène de l’obésité. On aura noté l’importance des facteurs socio-économiques (cf. le reportage en Grande-Bretagne) et le manque d’éducation alimentaire de nombreuses populations. Les industriels auront aussi remarqué le procès intenté à Ferrero en Allemagne par une association de consommateurs. Si ce procès a été gagné par Ferrero, la démarche de l’association est intéressante à plus d’un titre. L’angle d’attaque portait sur la mise en avant de l’allégation « avec beaucoup de lait » alors que si ce produit comporte effectivement 20% de lait, il comporte encore plus de glucides.
Cette approche juridique des allégations des industriels est similaire à celle retenue par l’UFC Que Choisir en 2004 à propos des allégations de la brioche "Doo Wap" de Harry's qui faisait référence aux qualités nutritionnelles du lait et celles de l'eau minérale Vittel, boisson aromatisée à base riche en calcium.
Au-delà des aspects juridiques, il apparaît que les consommateurs ont une demande de plus en plus grande de transparence de la part des industriels. Si la publicité n’a pas vocation à n’être qu’une brochure d’information sur les qualités ou les manques nutritionnels des produits en cause, il est évident que la non prise en compte des attentes de la population et des pouvoirs publics conduit le législateur à intervenir de plus en plus dans le marketing et la promotion des produits alimentaires face à un problème de santé publique auquel les Etats doivent répondre tant par des mesures de prévention, des offres de soin qu’une prise en charge financière.
Le marketing alimentaire doit dorénavant intégrer ces paramètres dès la conception des produits, ce qui est déjà le cas pour certains.
03 mai 2005
Autodiscipline alimentaire
La remise en cause de la notion d’autodiscipline des acteurs de la communication alimentaire par le législateur, qu’il soit français ou européen, conduit les professionnels de la communication alimentaire à réagir.
Dans son éditorial du mois d’avril, Gérard Noël, Directeur Général de l’UDA (Union des Annonceurs), annonce une série de mesure visant à reprendre l’initiative. Il est exact que dans le passé, les annonceurs, les agences et les médias n’ont pas voulu ou tout simplement pas su s’imposer comme des interlocuteurs pertinents vis-à-vis des pouvoirs publics ou des représentants de groupes d’intérêts (consommateurs, corps médical, etc.).
Il est donc proposé de relancer la Commission de concertation (où sont représentés les consommateurs), de créer un Forum de la publicité et un Conseil de l'éthique publicitaire. Ces propositions, louables et intéressantes, ne seront efficaces que si les professionnels lève la tête du guidon (mais il est vrai qu’en ce moment la pression du quotidien est plutôt élevée dans l’alimentaire) et s’investissent pour être des acteurs responsables et être reconnus comme tels. La sincérité et l’engagement de la plupart des professionnels ne faisant aucun doute, le résultat devrait être à la mesure des espérances.
Ceci étant, pour information, le texte portant modification de la loi Evin vient d'être publié au J.O. du 24 février 2005, et on attend toujours le décret d’application de l’article 29 de la loi santé publique « Alimentation, publicité et promotion ».
Pour en savoir plus, lire l’éditorial de Gérard Noël.


